Anonymous

Anonyme

Publié il y a plus d'un an

hypersensible il faut croire

Je ne peux pas m'empêcher de me reconnaître à la lecture de ce site.
D'anciennes choses me reviennent, d'autres me rassurent sur mes blocages incompréhensibles dans certains contextes.

Je me sens toujours pleine de contradictions. Je ne manque pas d'assurance mais quand je suis dans un groupe dépassant 6 personnes je perds tous mes moyens : paralysée, incapable de m'intégrer, tout me parvient aux oreilles en même temps m'empêchant d'entretenir une conversation, trop de mouvements autour, j'observe en silence me sentant tellement etrange et ridicule (mon mari papillonnant avec une aisance déconcertante d'un groupe à l'autre...), ce qui ne m'aide pas à lâcher prise.
J'ai toujours été plus à l'aise seule, moments où je me sens vraiment pouvoir être moi. Créative et imaginative (musique, dessin, ecriture) je prefere le faire quand il n'y a personne car je le vis pleinement et intensement. Le montrer est possible mais c'est une source de stress importante qui rend le moment désagréable. Je déteste avoir les yeux, les oreilles, l'attention et les pensées rivées sur moi.

Je sonde les choses et les gens sans pouvoir m'en empêcher, ça me permet d'avoir des repères sur mon environnement et d'être plus à l'aise.
Quand j'entre dans une pièce, un rapide tour et ma petite voix énumère des détails : couleurs, odeurs, sons, disposition des meubles, impressions que cela provoque en moi.
Idem quand je rencontre une personne que je serai amenée à frequenter plusieurs fois ou avec qui je dois travailler : tenue, odeur, posture et gestuelle, reactions et expressions du visage même minime, manière de s'exprimer à l'oral comme à l'écrit, assurance, franchise, chaleur... et pourtant je peux mettre des jours avant de me rendre compte de la couleur des yeux ou de la beauté d'un sourire.

Si je suis froide et distante au départ, il peut m'arriver intérieurement par la suite de m'attacher (ou de ressentir une répulsion) de manière excessive. Du coup, je me sens souvent en décalage entre ce que je suis et ce qu'il convient d'exprimer ou de montrer dans les relations sociales. Je me "lisse" pour ne pas commettre d'impairs. La plupart des gens ne sont pas prêts à recevoir l'expression d'une reconnaissance trop intense.

Je sens les tensions que les gens n'expriment pas sans en identifier les raisons. Je les perçois comme quelque chose qui couve. Lorsqu'il s'agit de mes proches cela me met immediatement en alerte, dans l'attente anxieuse d'un hypothétique conflit que je redoute par dessus tout comme si j'en étais responsable. Je suis donc particulièrement réactive et à fleur de peau au moindre mot ou ton maladroit, car j'ai assimilé bien avant ce déclencheur tout un état d'esprit négatif. Excessive donc bien souvent.

Rien de plus anxiogène non plus que les medias d'information que j'évite de suivre. La société de consommation me dégoûte elle aussi au plus haut point. La télé et le monde qu'elle montre me rend triste et m'inspire un pessimisme sans fond pour l'humanité.
La nature est plus apaisante. J'aime prendre le temps de sentir ses couleurs, ses sons, l'immensité d'une montagne et la force de l'eau, les mouvements du ciel. C'est un rythme plus posé, plus lent, plus paisible que celui de notre quotidien, la tête dans le guidon.