Man

Michael

Publié il y a plus de 2 ans

J'en pleure

Je suis tombé sur votre site qui parle d'hypersensibilité et j'en ai lu plusieurs autres avidement. J'en pleure en écrivant ces quelques lignes. Et je me rends compte que ce qui me manque le plus, c'est la reconnaissance de ce que je suis et de mes souffrances.

Déjà enfant, j'étais différent des autres, sensible à tout, et en particulier à l'injustice. Je pleurais souvent, seul, dans ma chambre. Mes parents n'ont malheureusement pas su reconnaître cette particularité hypersensible. Je ne me suis jamais senti compris. Je me suis adapté. Vous imaginez bien que l'effet n'a pas été positif. Chez moi (et chez toi?) l'hypersensibilité à été probablement à l'origine ou en tous cas couplé à des profondes blessures dans l'enfance. Résultat: je suis un hypersensible blessé par la vie.

Ce qui m'ennuie particulièrement, c'est que je me suis forgé une carapace tant pour me protéger des blessures que des émotions envahissantes. Résultat, on me perçoit souvent comme distant, ce qui est bien un comble. Si une personne se confie quand-même, ce qui n'est pas rare si je laisse émerger ma sensibilité, mon hyper-empathie me rend malade, puisque je veux solutionner ces souffrances. Autre résultat, je suis sans cesse dans l'analyse et le contrôle. Mais cela empêche chez moi la spontanéité et simplement la vie. Je me sens handicapé par cette carapace. Ce qui me reste, par-contre, c'est le vécu intense de ce qui est beau et en particulier la musique. J'aime cela.

Mon épouse m'a quittée il y a 4 mois après 24 ans de mariage. Elle se sent étoufffée et veut 'revivre' sans moi. C'est évidemment le pire qui pouvait m'arriver. Cette phase extrêmement douloureuse à relancé chez moi l'introspection et le désir de comprendre le pourquoi. C'est dans le cadre de mes efforts pour comprendre que l'hypersensibilité s'est imposée à moi. Mieux vaut tard que jamais. Cela m'apporte un peu de soulagement. Je ne suis peut-être pas si anormal et si nul que cela.

Le seul qui ait toujours cru en moi, qui m'a tenu par la main et serré fort contre lui (image) lorsque j'étais desespéré, qui m'encourage et me fait encore progresser aujourd'hui, qui me rappelle qu'il y a quelque chose de précieux et de voulu au fond de moi, qui m'aime inconditionnellement (quel bien ça fait), c'est mon créateur en personne, le Dieu des évangiles. Et cela malgré mes doutes et ma petite foi.

C'est bien la première fois que je me dévoile de cette façon. Ça aussi, ça fait du bien. Merci de m'avoir lu et bon courage à toi. Tu es précieux...